Cher Lecteur,
Des attaques terroristes majeures et les menaces lancées contre des pays du monde entier, les démocraties notamment, ont conduit ces dernières années au renforcement généralisé de la sécurité et des mesures de surveillance.
L’objectif de ces mesures est louable et incontestable : protéger les citoyens contre les menaces qui pèsent sur leur vie et sur leurs biens. On s’inquiète toutefois de plus en plus, et à juste titre, que de telles mesures, qu’il s’agisse de mesures existantes ou nouvellement instituées, soient utilisées pour étouffer le débat et la libre circulation de l’information en matière de décisions politiques, ou qu’elles soient appliquées sans prêter assez d’attention à la nécessité primordiale de protéger les libertés individuelles et, en particulier, la liberté de la presse.
Les lois antiterroristes et sur les secrets officiels, la criminalisation de propos perçus comme justifiant le terrorisme, la poursuite des journalistes pour divulgation d’informations classifiées, la surveillance des communications sans autorisation judiciaire, les restrictions placées sur l’accès aux informations gouvernementales et l’adoption de classifications plus strictes en matière de sécurité, toutes ces mesures peuvent gravement affecter la capacité des journalistes à couvrir l’information de façon précise et critique, et donc la capacité de la presse à informer.
Il est effectivement difficile de réconcilier les intérêts parfois conflictuels de la sécurité et de la liberté. Mais les démocraties ont le devoir absolu d’utiliser des normes rigoureuses pour juger si ces atteintes à la liberté sont justifiées par des préoccupations sécuritaires, et de les établir dans le respect des droits conférés par l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, qui garantit la liberté « de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit."
C’est le message clair que nous devons envoyer aux gouvernements et à leurs agences en cette Journée Mondiale de la Liberté de la Presse.
Timothy Balding
Chief Executive Officer
Association Mondiale des Journaux
Un certain nombre de personnes et d’organisations ont rendu possible la campagne de cette année. Nous souhaiterions exprimer nos sincères remerciements à l’Agence France-Presse, Russian Guild of Press Publishers, International PEN, le Comité pour la Protection des Journalistes, Human Rights en Chine, Michel Cambon, Sanjeev Saikia, Puran Choudhary, Tom Callaghan, Dominic Lambert, le Beckman’s College of Design, et la société Team Armstrong.