Les éditeurs et les rédacteurs en chef de journaux réclament la liberté de presse sur Internet

 

 

Les éditeurs et les rédacteurs en chef de la presse mondiale ont appelé les décideurs politiques qui préparent le Sommet Mondial sur la Société de l’Information à veiller à ce que la liberté d’expression et de presse soient protégées sur internet et à rejeter les tentatives des gouvernements répressifs visant à introduire de nouvelles régulations et de nouveaux contrôles.

 

Le Conseil d’administration de l’Association Mondiale des Journaux (AMJ) et celui du Forum Mondial des Rédacteurs en Chef (WEF) ont dit qu’ils craignaient que des concepts conduisant à réguler l’information et à limiter sa libre circulation ne ressurgissent lors des rencontres préparatoires du SMSI. Ce sommet est organisé par les agences onusiennes pour définir des orientations politiques afin d’étendre les avantages des technologies de l’information au monde entier et de combler le "fossé numérique" qui sépare les sociétés riches des sociétés pauvres.

Dans une résolution adoptée la veille du Congrès Mondial des Journaux et du Forum Mondial des Rédacteurs en Chef, qui ont réuni près de 1 200 dirigeants de presse à Dublin, en Irlande, les rédacteurs en chef et les éditeurs ont appelé les décideurs "à veiller à ce que ce sommet fasse une déclaration claire apportant son soutien inconditionnel à la liberté d’expression et à la liberté de presse sur internet."

"Cette déclaration devrait réaffirmer l’application de l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme à internet et exiger sa mise en œuvre partout dans le monde. Toute proposition devrait rejeter les restrictions sur le contenu de l’information ou sur les opérations des médias. Les Conseils des deux organisations appellent également les responsables politiques à rejeter catégoriquement, une fois pour toutes, les concepts discrédités du "nouvel ordre mondial de l’information", prônés une fois de plus par ceux qui veulent contrôler la presse.

Le SMSI devrait avoir lieu du 10 au 12 décembre à Genève avec un sommet de suivi prévu en Tunisie en 2005. Les Conseils ont appelé les agences onusiennes à reconsidérer leur décision d’organiser le sommet en Tunisie en raison de la répression de la liberté d’expression dans ce pays.

Le texte de la résolution est le suivant :

" Les Conseils d’administration de l’Association Mondiale des Journaux et du Forum Mondial des Rédacteurs en Chef, réunis lors du 56ème Congrès Mondial des Journaux à Dublin, en Irlande, du 8 au 11 juin 2003, appellent les décideurs nationaux qui préparent le Sommet Mondial sur la Société de l’Information à veiller à ce que la liberté d’expression et la liberté de presse soient protégées sur internet et ne soient pas limitées par leurs recommandations, et à rejeter catégoriquement les tentatives des gouvernements répressifs de rétablir les concepts discrédités du "nouvel ordre mondial de l’information".

"Le SMSI, qui aura lieu du 10 au 12 décembre à Genève avec un sommet de suivi prévu en Tunisie en 2005, a été organisé par les agences onusiennes pour définir des orientations politiques afin d’étendre les avantages des technologies de l’information au monde entier et de combler le "fossé numérique" qui sépare les sociétés riches des sociétés pauvres.

"Les rencontres préparatoires et les propositions ont fait craindre que les concepts visant à réguler l’information et à restreindre la libre circulation de l’information ne ressurgissent aujourd’hui dans le contexte des nouvelles technologies qui feront l’objet de discussions lors du sommet. Un grand nombre de ces concepts, désignés par "nouvel ordre mondial de l’information", ont été défendus à l’UNESCO dans les années 70 et 80, ce qui a conduit les Etats-Unis et le Royaume-Uni à quitter l’agence onusienne.

Les Conseils d’administration de l’AMJ et du WEF appellent les décideurs politiques à veiller à ce que le Sommet fasse une déclaration claire apportant son soutien inconditionnel à la liberté d’expression et à la liberté de presse sur internet. Cette déclaration devrait réaffirmer l’application de l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme à internet et exiger sa mise en œuvre partout dans le monde. Toute proposition devrait rejeter les restrictions sur le contenu de l’information ou sur les opérations des médias. Le Conseil appelle également les responsables politiques à rejeter catégoriquement, une fois pour toutes, les concepts discrédités du "nouvel ordre mondial de l’information" prônés une fois de plus par ceux qui veulent contrôler la presse.

"Les Conseils appellent également le système des Nations Unies à reconsidérer sa décision de tenir le sommet final en Tunisie. Il est parfaitement inapproprié d’organiser une conférence mondiale sur l’information dans un pays qui réprime sévèrement la liberté d’information et d’expression."

L’AMJ, basée à Paris, défend et promeut la liberté de la presse dans le monde entier. Elle représente 18 000 journaux et comprend parmi ses membres 71 associations nationales de journaux, des directeurs de journaux individuels dans 100 countries, 13 agences de presse et neuf organisations régionales et internationales de presse.

Pour toute question, contactez : Larry Kilman, Directeur de la Communication, WAN, 25 rue d’Astorg, 75008 Paris France. Tel : +33 1 47 42 85 00. Fax : +33 1 47 42 49 48. Portable : +33 6 10 28 97 36. E-mail : lkilman@wan.asso.fr.

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