"La presse africaine est paralysée par un arsenal de mesures répressives, allant de l’emprisonnement et de la persécution des journalistes au fléau généralisé que sont les lois sur la diffamation et l’injure publiques", a souligné l’AMJ dans un communiqué. "La liberté de la presse reste essentielle à l’établissement de la bonne gouvernance et du développement économique, politique, social et culturel durable, de la prospérité et de la paix en Afrique, et à la lutte contre la corruption, la famine, la pauvreté, le conflit violent, la maladie et le manque d’éducation."
La Déclaration de la Montagne de la Table, adoptée le mois dernier lors du Congrès Mondial des Journaux et du World Editors Forum au Cap, en Afrique du Sud, appelle les gouvernements africains à abolir d’urgence toutes les lois qui limitent la liberté de la presse, à libérer les journalistes emprisonnés, à abolir les lois draconiennes sur la presse et à reconnaître l’importance de la liberté de la presse pour le développement économique, politique et social.
En appelant aujourd’hui les dirigeants africains à agir, l’AMJ et le WEF ont documenté 229 cas où des rédacteurs en chef, des journalistes et d’autres professionnels des médias ont été harcelés, agressés, frappés, arrêtés, détenus ou emprisonnés dans 27 pays africains entre janvier et mai 2007. Les deux organisations s’inquiètent tout particulièrement des soi-disant "lois sur l’insulte publique", en application desquelles toute "insulte" envers les présidents et autres personnalités publiques constitue un délit pénal, et qui sont souvent utilisées pour emprisonner ceux critiquent le pouvoir.
Vous trouverez la déclaration, et des détails sur chacun de ces cas, ici.
La Déclaration de la Montagne de la Table, dont le nom est tiré du promontoire rocheux qui surplombe le Cap, a été ratifiée par les Conseils d’administration de l’AMJ et du WEF, qui représentent 18.000 journaux dans le monde.
Cette déclaration :
appelle les gouvernements africains à abolir d’urgence les lois sur l’insulte publique et toutes les autres lois qui limitent la liberté de la presse.
appelle à la libération immédiate de tous les journalistes emprisonnés et au retour des journalistes qui ont été contraints à l’exil.
condamne la répression des médias africains à travers la censure et "l’utilisation d’autres mécanismes comme le prélèvement de taxes à l’importation sur le papier journal et sur le matériel d’impression et le retrait d’annonces publicitaires."
appelle les gouvernements à promouvoir "les standards de liberté de la presse les plus élevés" et à offrir des garanties constitutionnelles à la liberté de la presse.
appelle l’Union Africaine à inclure immédiatement la liberté de la presse et l’indépendance des médias dans les critères de “bonne gouvernance” du Mécanisme Africain de Contrôle (APRM).
appelle les institutions internationales à promouvoir des avancées de la liberté de la presse en Afrique en aidant notamment les journaux dans les domaines de la défense légale, du développement des compétences et de l’accès au capital et à l’équipement.
L’AMJ, l’organisation mondiale de l’industrie de la presse, qui est basée à Paris, défend et promeut la liberté de la presse dans le monde entier. Elle représente 18.000 journaux et regroupe 76 associations nationales d’éditeurs, des journaux et des directeurs de journaux dans 102 pays, 12 agences de presse et 10 organisations de presse régionales et internationales.
Pour toute question, contactez : Larry Kilman, Directeur de la Communication, AMJ, 7 rue Geoffroy St Hilaire, 75005 Paris France. Tel : +33 1 47 42 85 00. Fax : +33 1 47 42 49 48. Portable : +33 6 10 28 97 36. E-mail : lkilman@wan.asso.fr. |