Les organisateurs de la Coupe du Monde de rugby reviennent sur les restrictions imposées aux médias

 

 

L’Association Mondiale des Journaux a salué un accord de dernière minute entre une coalition internationale de médias et la Fédération Internationale de Rugby, et a appelé les organisateurs d’événements sportifs à respecter le droit des organisations de médias à couvrir librement le sport et à éliminer toutes les restrictions placées sur la couverture légitime de l’information.

 

Après plusieurs mois de litige durant lesquels les officiels du rugby ont refusé de supprimer les restrictions imposées à la presse - limitant principalement ce que les journaux et les autres medias ont le droit de publier sur les sites web et s’ingérant dans la façon dont les photos sont publiées dans la presse écrite - l’IRB est revenue sur sa décision devant l’opposition générale suscitée par ces mesures, les médias menaçant notamment de boycotter la Coupe du Monde de Rugby, la plus grande manifestation de l’IRB qui se déroule actuellement en France.

Toutefois, le résultat positif obtenu par la coalition des médias ne résout pas le problème des restrictions imposées aux médias par les organisateurs d’événements sportifs. Selon eux, ces restrictions sont nécessaires pour protéger les titulaires de licence qui ont des droits exclusifs pour diffuser les rencontres. Mais ces restrictions sont souvent superflues et interfèrent avec la couverture traditionnelle de l’information et le droit des médias à informer le public.

La coalition de 40 membres, qui comprend l’AMJ, a été constituée pour défendre et protéger les droits des éditeurs, et pour trouver un équilibre entre les besoins des organisateurs sportifs et leurs partenaires.

"La coalition des médias présente un front uni dans sa volonté de veiller au maintien et au respect de la liberté de la presse et de l’indépendance éditoriale des médias", ont déclaré les membres de la coalition dans un communiqué.

Les restrictions imposées aux médias par les organisateurs sportifs sont contenues dans les conditions d’accréditation que les journalistes et les photographes doivent signer pour pouvoir couvrir un match.

L’IRB a modifié ces conditions après l’intervention de la coalition, quand les agences de presse internationales et les autres médias, en particulier les principaux groupes de presse français et le quotidien sportif L’Equipe, ont menacé de boycotter les manifestations qui précèdent les matchs. L’IRB a notamment accepté de :

-  Supprimer la condition imposant aux médias d’obtenir la permission des responsables du rugby pour la vente de photos au public.

-  Supprimer la condition donnant aux organisateurs du rugby le droit d’utiliser les photos prises lors d’un tournoi à des fins promotionnelles, non commerciales (une violation manifeste du droit d’auteur).

-  Supprimer l’interdiction de superposer des titres et des textes sur les photos - une condition considérée comme une ingérence dans la liberté éditoriale, les journaux utilisant généralement ce type de procédé.

-  Accepter une procédure d’appel qui permettra aux médias de contester l’expulsion des journalistes en cas de prétendue violation des conditions d’accréditation.

-  Confirmer que les utilisateurs de téléphones mobiles peuvent accéder aux textes et aux photos sur les sites web à l’aide de leur portable et qu’on puisse envoyer des textos sportifs durant les matchs.

-  Accepter la proposition de la coalition selon laquelle tous les médias adhèreront à une limite de 200 photos par match pour les sites web durant les matchs de la Coupe du Monde 2007. La coalition a fait cette proposition en gage de bonne volonté uniquement pour la Coupe du Monde actuelle, estimant que les organisations sportives n’ont pas besoin d’imposer des limites dans l’avenir. L’IRB avait proposé initialement d’autoriser la publication 14 photos seulement durant les matchs. Il n’y a aucune limite à l’issue des rencontres.

-  Clarifier que rien dans les conditions d’accréditation des journaux ne vise à restreindre ou à empêcher des activités journalistiques habituelles, notamment l’expression de commentaires.

-  Augmenter le volume de contenu audiovisuel lié à la Coupe du Monde pouvant être affiché dans les lieux officiels les jours sans match (des sessions de formation et des conférences de presse) de 3 à 5 minutes par jour. Là aussi, la coalition a accepté cette mesure en signe de bonne volonté. Même si cette augmentation est substantielle, elle ne pense pas qu’il s’agisse d’une solution à long terme.

-  Etablir un dialogue avec les médias concernant les conditions d’accréditation des journalistes pour les futurs tournois. La première rencontre devrait avoir lieu dans les deux semaines qui suivent la Coupe.

La plupart de ces changements ont été acceptés par les deux camps au siège de l’IRB à Dublin, en août. Mais les questions cruciales du droit d’auteur, du nombre de photos autorisées et du contenu audiovisuel n’ont pas été résolues avant qu’un boycott sur les manifestations qui précède les rencontres ait été imposé par les principaux médias, notamment les agences de presse et les journaux.

Les équipes et les Sponsors de la Coupe du monde, notamment Adidas et Visa, auraient été furieux devant la faible participation des médias lors des conférences de presse et des autres manifestations qui précèdent les matchs.

La coalition qui représente la presse mondiale regroupe les organisations suivantes : Association Mondiale des Journaux ; Conseil européen des Editeurs ;Association européenne des Editeurs de journaux ; Association des Editeurs de la presse périodique ; Reuters ; Associated Press ; Agence France-Presse ; Newspaper Publishers Association ; Newspaper Society ; Society of Editors ; Fairfax Media, Australie et Nouvelle-Zélande ; News Ltd; News International ; L’Equipe ; Mirror Group ; APN/Independent News & Media ; l’Association des Editeurs de journaux de Nouvelle-Zélande ; New Zealand Press Association ; Australian Press Council ; dpa Deutsche Presse-Agentur GmbH ; European Pressphoto Agency ; Getty Images ; World Editors Forum ; International Sports Press Association ; Sports Journalists Association ; Football Writers Association ; Optasportsdat a; Infostrada ; SIC - Sociedade Independente de comunicação, SA ; Associated Press Sports Editors ; American Society of Newspaper Editors ; National Newspapers of Ireland ; Fédération européenne des Editeurs de Magazines ; et PressesSports

L’AMJ, l’organisation mondiale de la presse, qui est basée à Paris, défend et promeut la liberté de la presse dans le monde entier. Elle représente 18,000 journaux et regroupe 76 associations nationales de journaux, des entreprises de presse et des directeurs de journaux individuels dans 102 pays, 12 agences de presse et 10 organisations régionales et internationales de médias.

Pour toute question, contactez : Larry Kilman, Directeur de la Communication, AMJ, 7 rue Geoffroy St Hilaire, 75005 Paris France. Tél : +33 1 47 42 85 00. Fax : +33 1 47 42 49 48. Mobile : +33 6 10 28 97 36. E-mail: lkilman@wan.asso.fr.

© 2004 World Association of Newspapers - All Rights Reserved - Contact WAN.
Please send all technical comments regarding this site to our Webmaster