"La répression gouvernementale contre les journalistes et ceux qui cherchent à exercer leur droit à la liberté d’expression s’est intensifiée ces derniers mois. Au moins 30 journalistes et 50 cyberdissidents sont actuellement détenus dans les prisons chinoises pour avoir exprimé pacifiquement leurs opinions", soulignent l’AMJ et le WEF dans une lettre adressée au Dr Rogge, qui sera à Pékin la semaine prochaine pour des rencontres de la Commission exécutive du CIO et avec des responsables olympiques chinois.
La lettre demande au Dr Rogge de veiller à ce que la Chine honore la promesse faite lors de l’attribution des jeux à Pékin selon laquelle les médias étrangers auraient « une totale liberté de reportage quand ils se rendraient en Chine ». Le Comité Organisateur Olympique avait également pris l’engagement suivant : “Durant les préparatifs des Jeux, nous serons ouverts à la coopération dans tous les domaines avec le reste du pays et du monde. Nous nous appuierons sur l’expérience réussie des autres pays et nous suivrons les standards et les critères internationaux.”
Le Dr Rogge a dit la semaine dernière s’être engagé dans une "diplomatie silencieuse" avec le gouvernement chinois, qui fait face à des protestations croissantes pour sa politique répressive à l’approche des Jeux Olympiques. "Nous vous demandons également que votre ’diplomatie silencieuse’ fasse place à une diplomatie volubile et publique si le gouvernement chinois ne libère pas immédiatement tous ceux qui sont détenus pour avoir exercé leur liberté d’expression", poursuit la lettre de l’AMJ et du WEF.
L’AMJ a également écrit directement aux CEO des 12 principaux sponsors olympiques en leur demandant d’"exprimer votre puissante opposition morale à la répression des droits humains fondamentaux en Chine et, en particulier à la violation quotidienne de tous les standards acceptables de la liberté d’expression." Pour des informations détaillées sur la campagne de l’AMJ en faveur de la liberté de la presse en Chine, notamment une conférence à Paris les 18 et 19 avril avec une coalition d’organisations de défense de la liberté de la presse, une campagne publicitaire et une pétition, allez sur www.wan-press.org/china/home.php.
Les termes de la lettre adressée au Dr Rogge sont les suivants :
"Nous vous écrivons au nom de l’Association Mondiale des Journaux et du World Editors Forum, qui représentent 18.000 publications dans 102 pays, pour vous demander d‘appeler les autorités chinoises à honorer pleinement leur promesse de respecter la liberté d’expression faite durant les préparatifs en vue d’accueillir les Jeux Olympiques de Pékin.
"La répression gouvernementale contre les journalistes et ceux qui cherchent à exercer leur droit à la liberté d’expression s’est intensifiée ces derniers mois. Au moins 30 journalistes et 50 cyberdissidents sont actuellement détenus dans les prisons chinoises pour avoir exprimé pacifiquement leurs opinions.
"Suite à une récente vague de violence, les journalistes étrangers n’ont plus accès au Tibet depuis le 12 mars et des reporters présents au Tibet et en Chine ont été arrêtés, harcelés et ont vu leurs enregistrements vidéo confisqués. Bien que le gouvernement ait introduit de nouvelles réglementations en 2007 pour faciliter la liberté de mouvement et l’accès des journalistes étrangers qui souhaitent voyager dans le pays, ces règlements n’ont jamais été pleinement respectés.
"Les journalistes chinois restent soumis à la censure du Département de la Publicité, et le gouvernement et le parti continuent d’avoir recours à des lois autoritaires, notamment sur la subversion, la divulgation de secrets d’état et l’espionnage, pour contrôler l’information. L’autocensure est de règle dans les entreprises de presse nationales, alors que les médias indépendants de langue chinoise basés à l’étranger sont fréquemment bloqués, harcelés ou brouillés.
"Nous vous rappelons respectueusement que le Comité organisateur des Jeux Olympiques de Pékin a assuré en 2001 que les médias étrangers auraient “une totale liberté de reportage quand ils se rendraient en Chine”. En outre, dans le « Plan d’action des Jeux olympiques de Pékin » publié par le Comité en 2002, la Chine prend l’engagement suivant : “Durant les préparatifs des Jeux, nous serons ouverts à la coopération dans tous les domaines avec le reste du pays et du monde. Nous nous appuierons sur l’expérience réussie des autres pays et nous suivrons les standards et les critères internationaux.”
"Conformément à ces engagements et à plusieurs conventions, déclarations et accords internationaux - y compris la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme -, nous vous invitons à exhorter les autorités chinoises à mettre fin à la censure et à cesser de violer le droit de toute personne à accéder à l’information.
"Nous vous demandons également que votre ’diplomatie silencieuse’ fasse place à une diplomatie volubile et publique si le gouvernement chinois ne libère pas immédiatement tous ceux qui sont détenus pour avoir exercé leur liberté d’expression".
L’AMJ, l’organisation mondiale de l’industrie de la presse, qui est basée à Paris, défend et promeut la liberté de la presse et les intérêts professionnels et économiques des journaux dans le monde entier. Représentant 18.000 titres, elle regroupe 77 associations nationales d’éditeurs, des entreprises de presse et des directeurs de journaux individuels dans 102 pays, 12 agences de presse et 11 organisations régionales et internationales de médias.
Pour toute question, contactez : Larry Kilman, Directeur de la Communication, AMJ, 7 rue Geoffroy St Hilaire, 75005 Paris France. Tél : +33 1 47 42 85 00. Fax: +33 1 47 42 49 48. Mobile: +33 6 10 28 97 36. E-mail : lkilman@wan.asso.fr. |