Parallèlement, l’AMJ demande au gouvernement érythréen d’expliquer ce qui est arrivé au journaliste Fessahaye Yohannes, qui serait mort en prison début 2007.
La majorité de ces journalistes ont été emprisonnés suite à une vague de répression conduite par le gouvernement en 2001 qui a vu la fermeture de tous les médias indépendants et la suspension des libertés civiles et politiques en Erythrée. La plupart de ces journalistes n’ont jamais été inculpés officiellement, même s’ils ont passé près de sept ans en prison. La loi érythréenne stipule qu’on ne peut emprisonner quelqu’un sans jugement pendant plus de 30 jours.
Ces journalistes sont détenus dans des lieux tenus secrets et leurs familles et leurs avocats ne sont pas autorisés à les voir. Selon certains rapports, plusieurs d’entre eux souffrent de problèmes de santé en raison des conditions d’incarcération épouvantables.
Les journalistes qui sont actuellement incarcérés sont : Said Abdulkadir, Yosuf Mohamed Ali, Saleh Al Jezaeri, Amanuel Asrat, Temesgen Gebreyesus, Mattewos Habteab, Dawit Habtemichael, Medhanie Haile, Zemenefes Haile, Dawit Isaak, Ghebrehiwet Keleta, Hamid Mohamed Said, Seyoum Tsehaye et Selamyinghes Beyene.
Des proches des journalistes emprisonnés feraient l’objet de harcèlement et de représailles, même ceux qui vivent à l’étranger. Il semble que certains membres de leur famille aient été également emprisonnés simplement en raison de leurs liens familiaux.
La détention de ces journalistes constitue une violation manifeste de leur droit à la liberté d’expression qui est garanti par de nombreuses conventions internationales, notamment l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. En outre, la Commission des droits de l’homme des Nations Unies considère que « l’emprisonnement en tant que condamnation de l’expression pacifique d’une opinion est l’un des moyens les plus répréhensibles qui soit d’enjoindre un individu au silence et constitue, à ce titre, une grave violation des droits de l’homme.”
L’Association Mondiale des Journaux appelle à la libération immédiate des quatorze journalistes emprisonnés et demande au Président Issayas Afewerki de rétablir toutes les libertés civiles et politiques en Erythrée, y compris la liberté de la presse et l’accès à l’information. |