Nations Unies

 

 

Le Conseil d’administration de l’Association mondiale des Journaux, réuni lors du 61ème Congrès mondial des Journaux à Göteborg, en Suède, du 1er au 4 juin 2008, condamne les actions répétées du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies pour ébranler les normes internationales de la liberté d’expression au nom de la protection des sensibilités religieuses.

 

L’AMJ rappelle aux Nations Unies que le rôle du Conseil est de défendre la liberté d’expression et non de valider la censure d’opinions à la demande de régimes autoritaires.

Le 28 mars 2008, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a approuvé un amendement proposé par l’Organisation de la Conférence Islamique qui demande au Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression de “signaler les cas où l’utilisation abusive du droit à la liberté d’expression constitue un acte de discrimination raciale ou religieuse.”

Cette résolution est contraire à l’esprit du rôle du Rapporteur spécial dans le sens où elle lui impose d’examiner les discours extrêmes au lieu de se pencher sur le problème plus répandu des limites abusives placées sur la liberté d’expression par les gouvernements, dont plusieurs siègent au Conseil. La résolution manque également d’équilibre en se focalisant sur les restrictions de la liberté d’expression, plutôt que sur l’idée de trouver un juste milieu entre la protection positive du droit à la liberté d’expression et la nécessité de limiter l’incitation à la haine raciale et religieuse.

Le Conseil d’administration de l’AMJ est préoccupé par ce qui apparaît comme l’émergence d’une tendance négative contre la liberté d’expression au sein du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Le 30 mars 2007, le Conseil a adopté une résolution, parrainée par le Pakistan au nom de l’Organisation de la Conférence Islamique, permettant aux Etats de restreindre la liberté d’expression au motif de protéger les sensibilités religieuses.

L’AMJ appelle le Président du Conseil, Doru Costea, et le Secrétaire Général des Nations Unies, Ban Ki-moon, à prendre des mesures pour protéger le mandat du Rapporteur spécial et à veiller à ce que les normes internationales de la liberté d’expression soient pleinement soutenues, et non mises en péril, par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.

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