Zimbabwe

 

 

Le Conseil d’administration de l’Association Mondiale des Journaux, réuni lors du 61ème Congrès Mondial des Journaux à Göteborg, en Suède, du 1er au 4 juin 2008, condamne fermement les violations généralisées de la liberté de la presse durant les récentes élections présidentielles au Zimbabwe.

 

L’AMJ appelle les autorités zimbabwéennes à mettre fin à l’intimidation des médias et à autoriser les journalistes nationaux et étrangers à exercer leur droit d’informer le public zimbabwéen et international des événements qui ont lieu dans le pays.

Parmi les récentes violations de la liberté de la presse au Zimbabwe :

-  Le correspondant du New York Times Barry Bearak et le journaliste britannique indépendant Stephen Bevan ont été arrêtés le 3 avril pour avoir travaillé sans accréditation, et ont été détenus jusqu’au 7 avril, date à laquelle ils ont été libérés sous caution. Les deux hommes ont été maintenus en détention malgré l’ordre de les libérer émanant du bureau du procureur général.

-  Le journaliste indépendant Frank Chikowore a été arrêté le 15 avril et accusé de “violence publique” pour avoir prétendument pris part à l’incendie d’un bus perpétré par des partisans de l’opposition. Il a été libéré sous caution le 2 mai.

-  Le photographe de Reuters Howard Burditt a été arrêté le 5 mai et placé en garde à vue pendant trois jours pour avoir prétendument utilisé un téléphone satellitaire pour envoyer des photos.

-  Le journaliste indépendant Stanley Karombo a été arrêté le 19 avril alors qu’il prenait des notes lors d’un discours prononcé par le Président Mugabe lors de la fête de l’indépendance nationale dans une banlieue de Harare. Karombo a été tenu au secret jusqu’au 21 avril, date à laquelle il a été libéré. Initialement, la police l’accusait de violation de la loi sur l’accès à l’information et la protection de la vie privée, une accusation qui s’est ensuite transformée en “atteinte à l’ordre public”.

-  L’éminent avocat des médias Harrison Nkomo a été arrêté le 7 mai et accusé le 9 mai d’avoir “sapé ou insulté l’autorité du chef de l’état” après avoir déclaré à un représentant de justice que le Président Mugabe devrait quitter le pouvoir. Nkomo était chargé de défendre le correspondant du New York Times, Barry Bearak, arrêté début avril.

-  Davison Maruziva, le rédacteur en chef du journal The Standard, a été arrêté le 8 mai et accusé le 9 mai de “publication de fausses déclarations préjudiciables à l’état” et d’”outrage à la cour” après la publication dans The Standard d’un éditorial du chef de l’opposition, Arthur Mutambara, critiquant le régime du Président Mugabe.

-  Henry Muradzikwa, la CEO de l’entreprise de radio-télévision contrôlée par le gouvernement, la Zimbabwe Broadcasting Corporation (ZBC), a été licencié le 14 mai pour avoir prétendument contesté des ordres ministériels de refuser au parti d’opposition politique, le Mouvement pour le Changement Démocratique (MDC), une couverture favorable pendant la campagne présidentielle. Il serait également accusé d’avoir refusé une couverture favorable au Président Mugabe.

Le gouvernement a interdit à plusieurs médias étrangers de couvrir les élections générales. Aucune radio et aucune chaîne de télévision zimbabwéenne indépendante n’est autorisée à opérer.

L’AMJ appelle les autorités du Zimbabwe à mettre fin aux arrestations et aux détentions arbitraires de journalistes, à s’engager fermement à respecter l’état de droit, et à appliquer les standards internationaux de la liberté d’expression et de la liberté de la presse au Zimbabwe.

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