La Plume d’Or de la Liberté décernée à un journaliste chinois

 

 

Un journaliste chinois qui est allé en prison pour avoir signalé une menace sur la santé avant son annonce par les autorités a reçu la Plume d’Or de la Liberté 2008, le prix annuel de la liberté de la presse de l’Association Mondiale des Journaux.

 

Le prix décerné à Li Chongqing, qui a été libéré en février après avoir purgé trois ans de prison pour avoir signalé l’éruption d’une épidémie de dengue, marque la seconde année consécutive où la récompense annuelle va à un journaliste chinois. C’est la première fois depuis que l’AMJ a créé cette récompense en 1961 que des journalistes du même pays la remportent deux fois de suite.

M. Li n’a pu obtenir un passeport pour assister à la cérémonie de remise du prix, qui se déroule aujourd’hui (2 juin) à Göteborg, en Suède. Sa femme, Bao Dinling, a été bloquée à l’aéroport de Pékin et empêchée par les autorités chinoises d’assister à la cérémonie.

Mais dans un discours lu par Li Jianhong, une écrivaine qui a été persécutée, arrêtée et obligée de quitter la Chine, M. Li a déclaré : “Je suis profondément conscient qu’il ne s’agit pas d’un honneur qui m’est rendu à moi en particulier, mais aussi d’un prix général destiné à tous mes collègues qui se dévouent avec courage à la liberté d’expression, notamment ceux qui vivent en Chine.”

“Le fait que des journalistes chinois aient eu la Plume d’Or de la Liberté deux années de suite, et que la Chine soit devenue le pire geôlier de journalistes de la planète, confirme que la situation actuelle de la liberté d’expression en Chine inquiète de plus en plus l’ensemble du monde”, a-t-il ajouté. “La Chine est un pays qu’il faut parcourir armé de la voix de la conscience et une nation qui ne trouvera le salut que dans la vérité.”

Le prix a été remis par George Brock, le Président du World Editors Forum, durant les cérémonies d’ouverture du Congrès Mondial des Journaux et du World Editors Forum, les rencontres au sommet de la presse mondiale.

“Ce prix vise à récompenser les mérites individuels de M. Li. Il est allé en prison pour avoir fait état de l’éruption d’une maladie dangereuse avant que les autorités n’en informent la population. La Plume d’Or de la Liberté récompense la bravoure de M. Li qui n’a pas hésité à révéler des faits importants dans l’intérêt public”, a déclaré M. Brock.

“Mais il faut replacer le cas de M. Li également dans son contexte. La Chine détient indéniablement le privilège douteux d’être le plus grand geôlier mondial de journalistes”, a-t-il poursuivi. “Malgré les engagements pris par la Chine quand elle s’est portée candidate avec succès aux Jeux Olympiques, promettant alors d’améliorer les conditions de travail des journalistes, elle a poursuivi en fait sa politique de répression, pensant cyniquement que ni le mouvement olympique ni la communauté internationale ne s’attendraient à ce qu’elle honore ses promesses de réforme.”

30 journalistes et 50 cyberdissidents au moins sont encore incarcérés dans les prisons chinoise.

M. Li, qui a été libéré de prison le 2 février, était reporter et directeur adjoint de l’information au quotidien Fuzhou, publié à Fuzhou dans la Province du Fujian. Il a été condamné en janvier 2006 à trois ans de prison pour “fabrication et divulgation de fausses nouvelles”, après avoir été emprisonné sans jugement pendant près d’un an. Cette accusation faisait suite à un rapport sur une épidémie de dengue publié en 2004 sur Boxun News, un site Internet de langue chinoise, basé aux Etats-Unis.

En raison de la censure et des restrictions imposées par le département de la propagande du Parti communiste sur les questions sociales sensibles, aucune information sur l’éruption d’une épidémie de dengue, une maladie virale transmise par un moustique, à Fuzhou, n’avait filtré dans la presse chinoise. Cet événement n’avait pas non plus donné lieu à une annonce de la part d’un officiel de la santé.

“Dans la plupart des pays, il devrait être célébré et récompensé pour son travail”, a dit M. Brock. “En Chine, dévoiler de tels faits constitue une offense qui mérite la prison.”

Selon M. Li, la profession de journaliste en Chine “est pleine de risques. Pour être un bon journaliste, il faut non seulement de la sagesse, mais encore plus du courage moral.”

Vous pouvez lire les remarques de M. Li ici.

Vous trouverez le discours intégral de M. Brock ici.

Le Roi de Suède, Carl XVI Gustaf, des ambassadeurs et d’autres dignitaires ont assisté à la cérémonie de remise du prix. Plus de 1.500 éditeurs de journaux, rédacteurs en chef et autres dirigeants de presse participent au Congrès, au Forum et à l’Info Expo 2008, qui continuent jusqu’à mercredi. Pour des informations complètes, visitez www.wansweden2008.com.

L’AMJ, l’organisation mondiale de l’industrie de la presse, qui est basée à Paris, défend et promeut la liberté de la presse et les intérêts professionnels et économiques des journaux dans le monde entier. Représentant 18.000 titres, elle regroupe 77 associations nationales d’éditeurs de journaux, des entreprises de presse et des directeurs de journaux individuels dans 102 pays, 12 agences de presse et 11 organisations régionales et internationales de médias.

Pour toute question, contactez : Larry Kilman, Directeur de la Communication, AMJ, 7 rue Geoffroy St Hilaire, 75005 Paris France. Tél : +33 1 47 42 85 00. Fax: +33 1 47 42 49 48. Mobile: +33 6 10 28 97 36. E-mail : lkilman@wan.asso.fr.

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