L’AMJ, qui représente 77 associations nationales de journaux et 18.000 journaux à travers le monde, a appelé la Division antitrust du ministère américain de la Justice, la Direction générale de la concurrence de la Commission européenne, et le Bureau de la concurrence au Canada à examiner les conséquences de cet accord et à le bloquer.
“L’AMJ pense que la concurrence qui existe actuellement entre Google et Yahoo est absolument essentielle pour s’assurer que nos journaux membres reçoivent un rendement concurrentiel pour la publicité en ligne sur leurs sites, et pour obtenir des tarifs concurrentiels quand ils achètent des liens sponsorisés”, a déclaré Gavin O’Reilly, le Président de l’association basée à Paris, dans une lettre adressée aux directeurs des trois agences.
“Selon nous, l’accord publicitaire proposé entre Google et Yahoo affaiblirait sérieusement la concurrence, entraînant une baisse des revenus et une augmentation des prix pour nos membres. Nous craignons également que cet accord ne confère à Google le pouvoir de fixer et de conserver un niveau de prix élevés sur d’importants segments de la publicité en ligne, et lui permette d’exploiter sa domination dans la recherche sur Internet dans d’autres marchés.”
Vous trouverez la position de l’AMJ dans un communiqué ici.
Aux termes de l’accord passé entre les entreprises de moteur de recherche, Yahoo peut publier les annonces fournies par Google avec les résultats de ses propres recherches. Cet accord rapporterait des millions de dollars de revenus à Yahoo et renforcerait la domination de Google dans le marché de la publicité sur les moteurs de recherche.
“Google et Yahoo sont aujourd’hui les deux principaux fournisseurs de publicité contextuelle et de référencement payant pour les sites d’information en ligne, et ils sont en étroite concurrence pour ce marché”, a déclaré l’AMJ. “Cette concurrence oblige chacun d’eux à offrir les meilleures conditions possibles et permet de s’assurer que les journaux sont équitablement rémunérés pour le droit d’afficher des annonces et des boutons de recherche sur leurs sites.
“L’accord proposé affaiblira inévitablement Yahoo dans sa concurrence avec Google pour ces accords,” a déclaré l’AMJ. “Les annonceurs migreront de plus en plus vers Google, car ils verront qu’ils gagnent moins que s’ils font appel à Yahoo. Yahoo aura alors moins d’annonces propres à proposer et sera donc en moins bonne position pour offrir un meilleur accord que Google. Ce problème s’accentuera avec le temps car Google - en affichant ainsi sa véritable intention - a refusé de permettre à Yahoo de présenter les annonces de Google sur les sites web des nouveaux partenaires éditeurs qu’il acquerra après la finalisation de cet accord. En d’autres termes, Google a imposé à Yahoo une condition qui l’empêche d’exploiter une des dernières opportunités qui lui reste de concurrencer Google. Ce que cela veut dire en clair, pour les journaux, c’est que les offres de Yahoo pour ses activités publicitaires seront certainement moins élevées qu’elles le sont aujourd’hui.”
Les deux entreprises ont soumis volontairement cet accord au ministère américain de la Justice pour un examen de 100 jours.
Même si cet accord se limite à l’Amérique du Nord selon Google et Yahoo, l’AMJ pense qu’il pourrait avoir un impact important sur les éditeurs de journaux européens et qu’il justifie une enquête de la Commission européenne.
“Tout d’abord, un grand nombre de nos membres européens sont actifs en Amérique du Nord et seront directement affectés par toute attitude anticoncurrentielle dans la région”, a précisé l’AMJ dans sa lettre au Directeur de la Direction Générale de la Concurrence européenne, Cecilio Madero.
“Deuxièmement, nous pensons que cet accord se traduira par une diminution de l’incitation de Yahoo à concurrencer Google même en Europe, puisque Yahoo s’attend apparemment à tirer des centaines de millions chaque année de cet accord. En outre, du fait que Google et Yahoo contrôlent ensemble plus de 95 pour cent des dépenses publicitaires investies dans les moteurs de recherche en Europe, les deux entreprises pourraient facilement fixer les conditions de la concurrence dans l’UE si elles le décident.”
L’AMJ, l’organisation internationale de l’industrie de la presse qui est basée à Paris, a joué un rôle-clé dans le développement du Protocole d’accès automatisé au contenu (ACAP), qui permettrait aux fournisseurs de contenu en ligne de mieux contrôler la façon dont les moteurs de recherche accèdent à leur contenu et l’utilisent. Bien qu’ACAP ait reçu un large soutien parmi les entreprises de presse et les autres fournisseurs de contenu sur internet, Google et Yahoo doivent encore accepter le nouveau standard ACAP. Vous trouverez des détails complets sur ce projet ici.
L’AMJ, l’organisation mondiale de l’industrie de la presse, défend et promeut la liberté de la presse et les intérêts professionnels et économiques des journaux dans le monde entier. Représentant 18.000 titres, elle regroupe 77 associations nationales d’éditeurs, des entreprises de presse et des directeurs de journaux individuels dans 102 pays, 12 agences de presse et 11 organisations régionales et internationales de médias.
Pour toute question, contactez : Larry Kilman, Directeur de la Communication, AMJ, 7 rue Geoffroy St Hilaire, 75005 Paris France. Tél : +33 1 47 42 85 00. Fax: +33 1 47 42 49 48. Mobile: +33 6 10 28 97 36. E-mail : lkilman@wan.asso.fr. |