Birmanie

 

 

Le Conseil d’administration de l’Association Mondiale des Journaux, réuni à Beyrouth, au Liban, le 15 décembre, condamne les mesures sévères prises contre la liberté d’expression en Birmanie et appelle la junte au pouvoir à mettre fin à ses politiques répressives et à arrêter d’emprisonner les journalistes et les défenseurs de la liberté d’expression.

 

Le Conseil appelle également les partenaires de la Birmanie au sein de l’Association des Nations de l’Asie du sud-est (ASEAN) à abandonner leur politique discréditée de non-ingérence et à faire pression sur les dirigeants birmans pour qu’ils adoptent les normes internationales de la liberté d’expression.

Le régime birman, un des plus répressifs au monde, a accéléré récemment ses attaques contre la liberté d’expression. Le nombre de prisonniers politiques dans le pays serait passé de 1.200 en 2007 à plus de 2.100 aujourd’hui.

Ces derniers comprennent de nombreux journalistes et militants de la liberté d’expression, notamment le blogueur du mouvement pro-démocratique Nay Phone Latt, qui a été condamné à 20 ans de prison le 11 novembre 2008 pour avoir critiqué le chef militaire Than She ; le journaliste Ein Khaing Oo, condamné à deux ans d’emprisonnement le 14 novembre pour avoir pris des photos des survivants du cyclone Nargis ; et le comédien Zarganar, condamné à une peine choquante de 45 ans de prison pour avoir suscité du “mécontentement envers l’état et le gouvernement” en liaison avec ses efforts pour soulager les victimes du cyclone.

La junte au pouvoir s’en est pris plus particulièrement aux sites d’information en ligne, qui sont devenus des outils essentiels pour les journalistes et les écrivains indépendants. Les sites d’information birmans Mizzima et Irrawaddy ont été la cible d’attaques électroniques, et il est interdit de surfer sur internet en Birmanie en vertu de la tristement célèbre “loi sur les médias électroniques”, qui contrôle la diffusion des informations et qui est utilisée par les autorités pour poursuivre ceux qui critiquent le régime.

Le Conseil d’administration de l’AMJ appelle les autorités birmanes à mettre fin aux restrictions draconiennes sur la liberté d‘expression et à libérer tous les journalistes emprisonnés. Il appelle également les partenaires de la Birmanie au sein de l’ASEAN - le Brunei, le Cambodge, l’Indonésie, le Laos, la Malaisie, les Philippines, Singapour, la Thaïlande et le Vietnam - à reconnaître que les abus de la Birmanie jettent le discrédit sur la région et à faire part de leurs inquiétudes aux dirigeants birmans.

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