“Le défi technologique qui consiste à réduire la prétendue fracture numérique n’est pas le principal enjeu. Le principal enjeu est comment réduire la fracture politique et morale entre les pays qui acceptent le débat démocratique et ceux qui le répriment”, a dit Timothy Balding, le Directeur Général de l’AMJ, basée à Paris, aux representants des gouvernements mondiaux réunis à la séance plénière du SMSI jeudi soir à Genève, en Suisse.
“C’est essentiellement dans les pays les plus pauvres, les moins développés, que cette répression de l’information est la plus dure”, a-t-il souligné. “En Erythrée, par exemple, où le gouvernement a éliminé la presse indépendants en enfermant tous ses journalistes. Ou au Myanmar, ou encore en Iran, où des centaines de journaux ont été fermés, ou bien en Syrie, à Cuba, ou en Chine, un pays qui envoie régulièrement des cyber-reporters passer quinze ans en prison pour avoir réclamé le pluralisme.”
16 000 représentants de gouvernements, du secteur privé et de la société civile de près de 200 pays assistent au Sommet de l’Information, Les gouvernements signeront une Déclaration vendredi affirmant que la liberté d’expression et la libre circulation de l’information sont vitaux et essentiels à la Société de l’Information.
“Malheureusement, des dizaines de gouvernements qui adopteront demain ce texte persécutent cyniquement et sans pitié les hommes et les femmes dont le rôle est de permettre et de faciliter cette libre circulation de l’information”, a déclaré M. Balding. “Chaque année, des milliers de journalistes et d’activistes des droits de l’homme sont arrêtés et emprisonnés, souvent battus et parfois assassinés, pour avoir tenté d’exercer leur droit à la liberté d’expression.”
Il a appelé les gouvernements à respecter ces libertés.
“La liberté d’expression et la libre circulation de l’information constituent les fondements mêmes des sociétés démocratiques, les sociétés les mieux placées pour accéder la prospérité et la paix auxquelles tous les êtres humains peuvent légitimement aspirer”, a-t-il ajouté. “La liberté d’expression et la libre circulation de l’information sont des conditions préalables essentielles au progrès économique, politique social et culturel et à la stabilité.”
“La liberté d’expression et la libre circulation de l’information sont des alliés puissants et essentiels dans la lutte mondiale contre la pauvreté, la maladie, la corruption, l’ignorance et l’illettrisme - et aussi contre le terrorisme international, qui naît et prospère dans les sociétés fermées qui interdisent la liberté de débat”, a-t-il poursuivi.
M. Balding a également réitéré son appel aux organisateurs du SMSI pour qu’ils abandonnent le projet de se réunir en Tunisie fin 2005 “à moins que la Tunisie ne commence à respecter les droits de l’homme, notamment la liberté d’expression et la liberté de presse. Si la seconde phase de ce Sommet a lieu comme prévu dans le contexte tunisien actuel, cela ne pourra que jeter le discrédit sur ce processus et a affaiblir totalement la réaffirmation des principes de la liberté d’information et de la liberté d’expression contenue dans votre Déclaration.”
L’AMJ, l’organisation mondiale de l’industrie de la presse, défend et promeut la liberté de la presse dans le monde entier. Elle représente 18 000 journaux et regroupe 72 associations nationales d’éditeurs de journaux, des directeurs de journaux individuels dans 100 pays, 13 agences de presse et neuf organisations de presse régionales et internationales.
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