"Le gouvernement a menacé une fois de plus d’appliquer des mesures militaires et répressives contre les médias et d’adopter de nouvelles lois et des projets de lois en cours visant à limiter la liberté de la presse", a déclaré le Conseil de l’AMJ dans une résolution adoptée à la veille du Congrès Mondial des Journaux et du World Editors Forum, qui ont réuni plus de 1000 directeurs de journaux à Istanbul, en Turquie, pour les rencontres de la presse mondiale.
En vue de réprimer la presse d’opposition, le Venezuela a récemment créé un comité contrôlé par le gouvernement pour réguler le contenu des informations dans le secteur audiovisuel et a réouvert des discussions qui criminaliseraient les lois sur la diffamation. Dernièrement, la majorité des membres pro-gouvernementaux du Congrès ont approuvé une pétition demandant au ministre de la Justice d’annuler la nationalité de plusieurs personnalités de l’opposition, journalistes, et propriétaires de médias vénézuéliens.
La résolution est la suivante :
Attendu que
Le gouvernement du Président Hugo Chávez Frías, ne respectant pas ses obligations et son engagement de respecter la liberté d’expression et la liberté de la presse conformément à la Constitution vénézuélienne de 1999, a menacé une fois de plus d’appliquer des mesures militaires et répressives contre les médias et d’adopter de nouvelles lois et des projets de lois en cours visant à limiter la liberté de la presse ;
Attendu que
Dans le prolongement des mesures sus-mentionnées, sur une initiative du gouvernement, l’Assemblée Nationale a approuvé après deux débats le Projet de loi sur la responsabilité sociale de la radio et la télévision, conduisant à la création de comités de surveillance contrôlés par le gouvernement pour réguler le contenu des informations dans le secteur audiovisuel ; et a, en outre, réouvert des discussions sur la réforme du code pénal, qui puniraient par la prison ceux qui transmettent de fausses informations dans les médias ou qui protestent contre les responsables publics, et qui criminaliseraient les lois actuelles sur la diffamation ;
Attendu que
La Chambre Constitutionnelle du Tribunal Suprême de Justice (TSJ) dans son jugement numéro 1942, a confirmé les soi-disant lois sur l’insulte punissant toute critique par la presse et les journalistes, des pouvoirs publics et de leurs représentants, en opposition ouverte avec les principes démocratiques ; et avec ce nouveau jugement, renforce un jugement précédent, numéro 1013, rendu par le même tribunal, qui a établi des règles générales limitant la liberté d’expression et la liberté de la presse au Venezuela,
L’Association mondiale des journaux décide de:
Condamner l’application imminente par l’Etat vénézuélien de toutes les mesures sus-mentionnées qui sont contraires à la liberté d’expression et à la liberté de la presse.
L’AMJ, l’organisation mondiale de l’industrie de la presse, défend et promeut la liberté de la presse dans le monde entier. Elle représente 18 000 journaux et regroupe 72 associations nationales d’éditeurs, des directeurs de journaux individuels dans 102 pays, 13 agences de presse et neuf organisations de presse régionales et internationales.
Pour toute question, contactez : Larry Kilman, Directeur de la Communication, AMJ, 7 rue Geoffroy St Hilaire, 75005 Paris France. Tel : +33 1 47 42 85 00. Fax : +33 1 47 42 49 48. Portable : +33 6 10 28 97 36. E-mail : lkilman@wan.asso.fr.