-   Bangladesh (1)

-   Birmanie (11)

-   Chine (42)

-   Népal (4)

-   Vietnam (4)

Bangladesh (1)

Salah Uddin Shoaib Choudhury
Arrêté le 29 novembre 2003
Soupçonné de menées subversives et d’espionnage, Choudhury, le rédacteur en chef du tabloïd hebdomadaire Blitz, a été arrêté par le personnel de la sécurité de l’aéroport international Zia, dans la capitale Dhaka, alors qu’il se rendait en Israël pour participer à une conférence de l’Union des Ecrivains Hébreux. Le journaliste, soupçonné d’entretenir des liens avec un service de renseignements israélien, était placé sous une surveillance depuis plusieurs mois. Le 17 décembre, la police l’a accusé officiellement d’avoir enfreint la réglementation sur les passeports, une accusation qui peut lui valoir jusqu’à six mois de prison. Le Bangladesh n’a aucun lien diplomatique avec Israël, et ses citoyens n’ont pas le droit de voyager dans ce pays.

Les autorités ont refusé à plusieurs reprises la mise en liberté sous caution de Choudhury en 2004, malgré la dégradation de son état de santé et les appels lancés par sa famille. Après de nombreuses pressions, sa famille aurait reçu une copie d’une correspondance officielle adressée par le bureau du Premier ministre Khaleda Zia au ministère de l’Intérieur demandant à ce que son cas soit réglé très rapidement. Mais en août, la Haute Cour a rejeté la demande de mise en liberté de Choudhury, qui était encore incarcéré dans la prison centrale de Dhaka à la fin de l’année.

Birmanie (11)

U Win Tin
Arrêté le 4 juillet 1989
U Win Tin, ancien rédacteur en chef du quotidien Hanthawati et vice-président de l’Association birmane des Ecrivains, a été arrêté et condamné à trois ans de travaux forcés pour avoir soi-disant forcé un membre du parti d’opposition, la Ligue Nationale pour la Démocratie (NLD) à “avorter sous la contrainte”. En 1992, il a été condamné à 10 ans de prison supplémentaires pour avoir “écrit et publié des pamphlets visant à inciter à trahir l’Etat” et “tenu des propos séditieux”. Le 28 mars 1996, les autorités ont alourdi sa peine, le condamnant à sept années de prison supplémentaires pour avoir diffusé des publications clandestines. Agé aujourd’hui de 73 ans, ce vétéran du journalisme serait gravement malade. Il était toujours incarcéré à l’hôpital de la prison générale de Rangoon début 2003.

Le junte militaire au pouvoir en Birmanie a annoncé une amnistie générale pour près de 4 000 prisonniers fin novembre 2004 et U Win Tin devait faire partie des personnes libérées, selon les rumeurs. Toutefois, selon une organisation locale des droits de l’homme, il était encore incarcéré à la fin de l’année 2004.

Ohn Kyaing
Thein Tan
Arrêtés le 6 septembre 1990
Libérés le 3 janvier 2005
Le 19 octobre, Ohn Kyaing et Thein Tan ont été condamnés à sept ans de prison par un tribunal militaire pour avoir commenté un incident survenu à Mandalay, au cours duquel quatre manifestations partisans de la démocratie ont été tués par des militaires. Ohn Kyaing, qui écrit également sous le nom d’Aung Wint, est l’ancien rédacteur en chef du journal Botahtaung et l’un des journalistes birmans les plus en vue. Thein Tan, dont le nom s’écrit parfois Thein Dan, est aussi un écrivain indépendant et un activiste politique associé à la Ligue Nationale pour la Démocratie. Au milieu de l’année 1991, Ohn Kyaing aurait vu sa peine alourdie de dix ans en vertu de la loi sur l’état d’urgence de 1950 pour avoir participé à la rédaction d’un pamphlet intitulé “Les trois voies vers le pouvoir.” Thein Tan devra lui aussi purger 10 ans de prison supplémentaires.

Après plus de 14 ans de prison, Ohn Kyaing et Thein Tan ont été libérés le 3 janvier 2005 à la faveur d’une amnistie générale accordée par la junte militaire.

Maung Maung
Arrêté en septembre 1990
Maung Maung Lay Ngwe, un journaliste collaborant à la publication, Pe-Tin-Than, a été arrêté pour écrit et distribué des publications "incitant au manque de respect envers le gouvernement." Le CPJ pense qu’il a peut-être été libéré, mais n’a pu confirmer son statut judiciaire, ni retrouver la trace de sa condamnation.

Sein Hla Oo
Arrêté le 5 août 1994
Le journaliste indépendant Sein Hla Oo, ancien rédacteur en chef du journal Botahtaung, a été arrêté pour avoir établi des contacts avec des organisations anti-gouvernementales, et divulgué des informations préjudiciables à l’Etat. Le 6 octobre 1994, il a été condamné à sept ans de prison. Sein Hla Oo, élu en 1990 au Parlement représentant la Ligue Nationale pour la Démocratie, avait déjà été emprisonné pour ses activités politiques. Alors qu’il aurait dû être libéré en août 1991, il purge actuellement le reste d’une peine de 10 ans qui lui a été infligée par un tribunal militaire en mars 1991 à la prison d’Insein.

Aung Htun
Arrêté en février 1998
Libéré le 3 janvier 2005
Aung Htun, écrivain et activiste au sein du syndicat All Burma Federation of Student Unions, a été arrêté en février 1998 pour avoir écrit un livre en sept volumes retraçant l’histoire du mouvement étudiant birman. Il aurait été condamné au total à 17 ans de prison. Aung Htun est incarcéré à la prison de Tharawaddy. En avril 1998, le mouvement All Burma Students Democratic Front (Front démocratique des étudiants de Birmanie) annonçait que cinq autres personnes étaient également poursuivies pour avoir participé à ce livre.

Aung Pwint
Thaung Tun
Arrêtés en octobre 1999
Aung Pwint, réalisateur de films vidéos, rédacteur et poète, et Thaung Tun, rédacteur, reporter et poète, mieux connu sous son nom de plume Nyein Thit, ont été arrêtés séparément début octobre 1999. Ils auraient été interpellés pour avoir réalisé soi-disant des documentaires vidéo indépendants dépeignant la “vie réelle” en Birmanie, montant notamment les travaux forcés et la pauvreté dans les régions rurales. Aung Pwint travaillait pour une entreprise de médias privées qui produisait des vidéos à des fins touristiques et pédagogiques, mais collaborait également avec Thaung Tun sur des projets de style documentaire. Leurs films vidéo circulaient à travers des réseaux clandestins. Le gouvernement militaire aurait soi-disant interdit à Aung Pwint de réaliser des vidéos en 1996. Poète notoire, il écrivait également sous le pseudonyme de Maung Aung Pwint. Les deux hommes ont été jugés ensemble, chacun d’eux ayant été condamné à huit ans de prison, selon les sources du CPJ. Aung Pwint était initialement incarcéré à la prison d’Insein, mais il a ensuite été transféré à la prison de Tharawaddy. Thaung Tun est détenu à la prison de Moulmein.

Zaw Thet Htway
Arrêté le 17 juillet 2003
Libéré le 3 janvier 2005
Zaw Thet Htway, scénariste et rédacteur au mensuel sportif populaire First Eleven, a été arrêté après que des officiers de renseignements ont perquisitionné les locaux du magazine dans la capitale, Rangoon. Le 28 novembre, Zaw Thet Htway et huit autres personnes ont été accusées de trahison et condamnées à mort par un tribunal spécial dans la prison d’Insein, en Birmanie. Selon Associated Press (AP), le gouvernement accuse les neuf hommes d’avoir comploté pour renverser la junte au pouvoir et d’appartenir au parti du chef de l’opposition, Aung San Suu Ky, la Ligue nationale pour la démocratie (NLD). Htway a passé plusieurs années en prison dans les années 1990 en raison de ses activités au sein du Parti démocratique pour une nouvelle société, un parti politique aujourd’hui dissous, qui opère à présent à partir de l’étranger.

Après 18 mois de prison, Zaw Thet Htway a été libéré le 3 janvier 2005 à la faveur d’une amnistie générale accordée par la junte militaire.

Ne Min (connu également sous le pseudonyme de Win Shwe),
Arrêté en février 2004
Ne Min, avocat et ancien pigiste de la BBC, a été condamné le 7 mai par un tribunal spécial à 15 ans d’emprisonnement dans la tristement célèbre prison d’Insein dans la capitale Rangoon, avec quatre autres anciens prisonniers politiques qui ont également écopé de lourdes peines. Ne Min avait été arrêté avec les autres condamnés pour avoir soi-disant transmis des informations en dehors de la Birmanie à des organisations interdites.

En 1989, Ne Min, connu également connu sous le nom de plume Win Shwe, avait été accusé de "propagation de fausses nouvelles et de fausses rumeurs à la BBC en vue d’attiser les troubles dans le pays", et de "possession de documents, y compris de la littérature antigouvernementale, qu’il envisageait d’envoyer à la BBC", selon la radio officielle de Rangoon. Il avait été condamné à 14 ans de travaux forcés par un tribunal militaire près de la prison d’Insein et purgé neuf ans de sa peine.

Lazing La Htoi,
Arrêté le 27 juillet 2004
Lazing La Htoi, un réalisateur de films documentaires, a été arrêté à Myitkyina, la capitale de l’Etat de Kachin au nord du pays, pour avoir filmé et distribué une cassette vidéo sur les violentes crues ayant frappé la région fin juillet. La Htoi avait filmé les inondations avec sa caméra personnelle et réalisé ensuite 300 copies pour les distribuer. Les autorités locales l’ont arrêté le 27 juillet alors qu’il recopiait les vidéos. La Htoi, 47 ans, dirige une imprimerie privée et a réalisé des documentaires pour la fondation Metta basée aux Etats-Unis, une des rares organisations non gouvernementales autorisée à soutenir le développement rural en Birmanie. Les entreprises de production vidéo privées ne sont pas autorisées dans le pays, même si les fondations et les agences non gouvernementales ont le droit de réaliser des films éducatifs.

Chine (42)

Chen Renjie
Lin Youping
Arrêtés en juillet 1983
En septembre 1982, Chen, Lin et un troisième journaliste, Chen Biling, ont écrit et publié un pamphlet intitulé "Ziyou Bao" (Rapport sur la liberté) et en ont distribué 300 exemplaires environ à Fuzhou dans la province de Fujian. Lors de leur arrestation en juillet 1983, les autorités ont accusé les trois hommes d’avoir pris des contacts avec des organisations espionnes taïwanaises et d’avoir publié un tract contre-révolutionnaire. Selon les documents officiels du gouvernement, les trois hommes sont accusés de "propagande et incitation au renversement de la dictature démocratique populaire et du système socialiste". En août 1983, Chen Renjie a été condamné à la prison à perpétuité, et Lin Youping a été condamné à mort, avec une commutation de peine. Chen Biling a été condamné à mort, puis exécuté.

Hu Liping
Arrêté le 7 avril 1990
Hu, employé par le Quotidien de Pékin, a été arrêté et accusé de "propagande et incitation contre-révolutionnaire", et de "commerce de secrets d’Etat", d’après l’un des rares communiqués le concernant publié par le ministère chinois de la Justice en 1998. Il a été condamné le 15 août 1990 par le Tribunal Populaire Intermédiaire de Pékin à 10 ans de prison. Selon les termes de sa condamnation initiale, il aurait dû être libéré en 2000, mais le CPJ n’a pu obtenir aucune information sur son statut judiciaire.

Chen Yanbin
Arrêté en septembre 1990
Chen, un étudiant de l’université, a été arrêté et accusé de "propagande et incitation contre-révolutionnaire" pour avoir publié le magazine clandestin Tielu (Courants de Fer) sur la répression des manifestations de la place Tienanmen en 1989. Plusieurs centaines de copies ronéotées de la publication ont été distribuées. Chen a été condamné à 15 ans de prison et à quatre ans de privation de droits civiques. En septembre 2000, le ministère de la Justice a annoncé que sa peine avait été réduite de trois mois pour bonne conduite.

Wu Shishen
Ma Tao
Arrêtés le 6 novembre 1992
Wu, rédacteur en chef de l’agence de presse nationale chinoise Xinhua, a été arrêté pour avoir dévoilé à un journaliste du Kuai Bao (Express), un journal de Hong Kong aujourd’hui disparu. le texte d’un discours que le Président Jiang Zemid devait prononcer devant le 14ème Congrès du Parti Communiste Chinois. Sa femme, la rédactrice en chef de Zhongguo Jiankang Jiaoyu Bao, a été arrêtée en même temps, et accusée d’être sa complice. Le Tribunal Populaire Intermédiaire de Pékin a jugé le journaliste à huis clos le 30 août 1993, le condamnant à la prison à perpétuité pour avoir “transmis également des secrets d’Etat à des étrangers.” Sa femme a été condamnée à six ans de prison. Selon les termes de sa condamnation initiale, elle aurait dû être libérée en novembre 1998, mais le CPJ n’a pu obtenir aucune information concernant son statut judiciaire.

Fan Yingshang
Condamné le 7 février 1996
En 1994, Fan a imprimé environ 60 000 copies du magazine Remen Huati (Thèmes populaires). Il aurait soi-disant, selon des sources chinoises officielles, acheté de fausses autorisations d’impression auprès d’un rédacteur en chef du Journal of European Research, à l’Académie Chinoise des Sciences Sociales,. Le CPJ n’a pas été en mesure de déterminer la date de son arrestation, mais le 7 février 1996 le Tribunal du District de Chang’an, dans la ville de Shijiazhuang, l’a condamné à 15 ans de prison pour “s’être livré à la spéculation et au mercantilisme.” Les autorités ont qualifié Remen Huati de “publication réactionnaire”.

Hua Di
Arrêté le 5 janvier 1998
Hua, un résident permanent des Etats-Unis, a été arrêté alors qu’il était en visite en Chine et a été accusé d’avoir révélé des secrets d’état. L’accusation semble être liée à des articles que Hau, un scientifique travaillant à l’Université de Stanford, avait écrite concernant des missiles de défense chinois.
Le 25 novembre 1999, le Tribunal Populaire Intermédiaire N°1 de Pékin a tenu un procès à huis clos et condamné Hua à 15 ans de prison. En mars 2000, la Haute Cour Populaire de Pékin a annulé cette condamnation, et a ordonné que l’affaire soit rejugée. Cet arrêt d’annulation judiciaire était spectaculaire, notamment dans une affaire politique aussi en vue. Le 23 novembre 2000, à l’issue d’un nouveau procès, le verdict a été légèrement modifié, et Hua a été condamné à 10 ans de prison. Fin 2001, Hua a été transféré à la prison de Tilanqiao à Shanghai, selon des sources du CPJ.

Liu Xianli
Arrêté en mars 1998
Le Tribunal Intermédiaire de Pékin a jugé l’écrivain Liu coupable de subversion et l’a condamné à quatre ans de prison, selon un rapport du Centre pour les Droits de l’Homme et la Démocratie, basé à Hong Kong. Liu a été emprisonné pour avoir tenté de publier un livre sur les dissidents chinois, en particulier Xu Wenli, un des prisonniers politiques les plus en vue et une des principales figures du Parti Démocratique Chinois. En décembre 1998, Xu était également accusé de subversion et condamné à 13 ans de prison. Le 24 décembre 2002, il a été libéré pour des raisons de santé et expulsé vers les Etats-Unis. Selon les termes de sa condamnation initiale, Liu aurait dû être libéré en mars 2002, mais le CPJ n’a pu obtenir aucune information concernant son statut judiciaire.

Gao Qinrong
Arrêté le 4 décembre 1998
Gao, un journaliste de l’agence de presse gouvernementale chinoise Xinhua, a été incarcéré pour avoir écrit un article dénonçant la corruption liée à mise en place d’un système d’irrigation à Yuncheng, dans la province de Shanxi, touchée par la sécheresse. Xinhua n’a jamais publié l’article de Gao, qui est finalement paru le 27 mai 1998 dans une édition interne du Quotidien du Peuple, distribuée uniquement à un groupe sélectionné de dirigeants du parti. Toutefois, vers la fin de l’automne 1998 le scandale lié à l’irrigation a fait la Une des journaux nationaux, et Gao a été arrêté le 4 décembre 1998 et inculpé de plusieurs délits, notamment de corruption, détournement de fonds et proxénétisme, selon sa femme Duan. Le 28 avril 1999, il a été condamné à 13 ans de prison à l’issue d’un procès à huis clos d’une journée. Il est détenu dans une prison à Qixian dans la province de Shanxi, selon les sources du CPJ. A la fin de l’année 2003, il n’y avait aucun changement dans sa situation judiciaire.

Yue Tianxiang
Arrêté en janvier 1999
Le Tribunal Populaire Intermédiaire de Tianshui, dans la province de Gansu, a condamné Yue à 10 ans de prison le 5 juillet 1999. Le journaliste a été accusé d’avoir essayé de "déstabiliser le pouvoir", selon le Centre d’Information pour les Droits de l’Homme et la Démocratie, basé à Hong Kong. Yu a été arrêté avec deux autres collègues - Wang Fengshan et Guo Xinmin -, qui ont tous deux été condamnés à deux ans de prison et relâchés depuis. Selon le quotidien South China Morning Post, basé à Hong Kong, Yue, Guo et Wang avaient déjà été arrêtés en janvier 1999 pour avoir publié le China Workers’ Monitor, un journal militant pour les droits des travailleurs.

Wu Yilong
Arrêté le 26 avril 1999
Mao Qingxiang
Zhu Yufu
Arrêtés en juin 1999
Wu, un organiseur du Parti Démocratique Chinois interdit (CDP), a été arrêté par la police à Guangzhou le 26 avril 1999. Mao et Zhu, également des activistes en vue du CDP, auraient été arrêtés aux environs du 4 juin. Les trois journalistes ont ensuite été accusés de subversion pour avoir créé notamment un magazine baptisé Zaiye Dang (Parti d’opposition) et diffusé des écrits pro-démocratiques sur Internet.

Le 9 novembre 1999, les trois hommes ont été inculpés de subversion. Wu a été condamné à 11 ans de prison, Mao à huit ans et Zhu à sept ans. En décembre 2002, Mao a été transféré dans un hôpital pour se rétablir suite à la dégradation de sa santé due à son confinement en cellule.

Zhang Ji
Arrêté en octobre 1999
Zhang Ji, étudiant à l’université de Qiqihar, a été accusé de "propagation de documents réactionnaires via Internet", selon le Centre des Droits de l’Homme et de la Démocratie, basé à Hong Kong. Zhang aurait diffusé des informations sur un groupement religieux interdit, le Falun Gong. Il a été arrêté en octobre, période durant laquelle le gouvernement chinois a pris des mesures sévères contre la secte. Via Internet, Zhang aurait transmis la nouvelle de la répression des membres de la secte Falun Gong aux Etats-Unis et au Canada, et aurait également reçu des articles de l’étranger, qu’il aurait ensuite transmis à des professionnels de la presse chinoise. Avant son arrestation, les autorités avaient renforcé leur surveillance du réseau Internet pour essayer d’écraser la secte.

Huang Qi
Arrêté le 3 juin 2000
Les agents de la Sûreté sont présentés au bureau de Huang et l’ont arrêté pour ses articles publiés sur le site web Tianwang. En janvier 2001, il a été accusé de subversion. Le 14 août 2001, le Tribunal Intermédiaire de Chengdu, dans la province du Sichuan, a tenu un procès à huis clos reporté à plusieurs reprises. Le 9 mai 2003, presque deux ans après ce procès, le Tribunal a condamné Huang Qi à cinq ans de prison et à six ans de privation de ses droits civiques. Huang a été battu en prison et a tenté de se suicider, selon une lettre ouverte écrite de prison en février 2001 et publiée sur le site Tianwang. Les membres de sa famille, y compris sa femme et son jeune enfant, n’ont été autorisés à lui rendre visite qu’une seule fois, en novembre 2003.

Xu Zerong
Arrêté le 24 juin 2000
Xu a été arrêté dans la ville de Guangzhou, et a été tenu au secret pendant 19 mois avant d’être jugé par le Tribunal Intermédiaire de Shenzhen en janvier 2002. Il a été condamné à 10 ans de prison pour avoir "divulgué des secrets d’état ", et à une rallonge de peine de trois ans pour "crimes économiques." Xu, maître de conférences à l’Institut d’Etudes du Sud-est asiatique à l’Université de Zhongshan, à Guangzhou, a écrit plusieurs articles sur la politique étrangère chinoise et est le co-fondateur d’une revue universitaire basée à Hong Kong, Zhongguo Shehui Kexue Jikan (Hebdomadaire chinois des sciences sociales). Xu a sa résidence fixe à Hong Kong. Sa famille a fait appel, et l’affaire était en attente de jugement fin 2003.

Liu Weifang
Arrêté en octobre 2000
Liu a été arrêté juste après le 26 septembre 2000. Des agents de la Sûreté du district de la 9ème Brigade agricole de la région autonome de Xinjiang Uighur se sont présentés à son domicile, ont confisqué son ordinateur, et lui ont annoncé qu’il faisait l’objet d’une enquête officielle, selon le récit publié par Liu sur Internet. Son dernier essai datait d’octobre 2002. Ses écrits sur Internet, que l’auteur signait de son vrai nom, ou des initiales “lgwf”, couvraient des questions comme la corruption des fonctionnaires, la politique de développement dans l’Ouest de la Chine, et l’environnement. Ces articles sont accessibles en ligne à http://liuweifang.ipfox.com. L’organe officiel Le Quotidien du Peuple a qualifié le travail de Liu de "menace majeure pour la sécurité nationale". Selon un rapport publié le 15 juin 2001 dans ce journal, Liu a été condamné à trois ans de prison par le Tribunal Intermédiaire du district de la 9ème brigade agricole.

Jiang Weiping
Arrêté le 4 décembre 2000
Jiang, un reporter indépendant, a été arrêté après avoir publié une série d’articles dans le magazine hong-kongais Qianshao (Première Ligne), un mensuel de langue chinoise consacré essentiellement aux questions du continent, et ayant révélé des affaires de corruption au Nord-Est de la Chine.

Dans ses articles, le journaliste avait dévoilé plusieurs grosses affaires de corruption impliquant de hauts fonctionnaires. Le Tribunal Intermédiaire de Dalian a tenu un procès à huis clos en septembre 2001. Le 25 janvier 2002, le tribunal a condamné officiellement Jiang à huit ans de prison pour "incitation à la subversion" et "divulgation de secrets d’Etat à l’étranger". Peu de temps après ces révélations, les autorités centrales arrêtaient, emprisonnaient et exécutaient Ma, un officiel accusé d’avoir accepté des pots-de-vin, détourné des fonds publics, et participé à des paris à l’étranger. Le 26 décembre 2002, le tribunal ramenait la peine de Jiang à six ans de prison, selon la fondation Dui Hua, basée en Californie, qui a eu des contacts directs avec le gouvernement chinois dans cette affaire.

Lu Xinhua
Arrêté le 10 mars 2001
Lu a été arrêté à Wuhan, dans la province d’Hubei, après que ses articles sur l’agitation dans les campagnes et la corruption officielle aient été diffusés sur plusieurs sites Internet basés à l’étranger. Le 20 avril, il a été accusé d’"incitation à la subversion", une charge fréquemment utilisée contre les journalistes écrivant des articles sur des sujets politiques sensibles. Son procès a débuté le 18 septembre. Le 30 décembre 2001, il a été condamné à quatre ans de prison.

Yang Zili
Xu Wei
Jin Haike
Zhang Honghai
Arrêtés le 13 mars 2001
Yang, Xu, Jin et Zhang ont été arrêtés le 13 mars et accusés de subversion le 20 avril. Le 29 mai 2003, le Tribunal Intermédiaire de Pékin a condamné Xu et Jin à 10 ans de prison chacun pour subversion, tandis que Yang et Zhang étaient condamnés à huit ans chacun pour le même motif. Les quatre journalistes participaient activement à "Xin Qingnian Xuehui" (Nouveau groupe d’études sur la jeunesse), une association explorant les sujets liés à la réforme politique et sociale et utilisant Internet pour diffuser ses articles. Yang, le membre le plus en vue du groupe, animait un site web, Yangzi de Sixiang Jiayuan (Le jardin des idées de Yangzi), proposant des poèmes, des essais, et des articles de divers auteurs sur des sujets comme les irrégularités dans les élections rurales. Les autorités ont fermé le site après l’arrestation de Yang.

Wang Jinbo
Arrêté en mai 2001
Wang, un journaliste indépendant, a été arrêté début mai 2001 pour avoir envoyé par e-mail à des organisations étrangères des essais disant que le gouvernement devrait changer sa ligne officielle selon laquelle les manifestations de 1989 sur la Place Tienanmen étaient "contre-révolutionnaires." En octobre 2001, Wang a été inculpé officiellement d’"incitation à la subversion". Le 14 novembre, le tribunal du comté de Junan dans la province de Shandong a tenu un procès à huis clos : seuls les proches du journaliste étaient autorisés à y assister. Le 13 décembre, Wang a été condamné à quatre ans de prison. Le journaliste, membre du Parti Démocratique Chinois interdit, avait déjà été arrêté à plusieurs reprises pour ses activités politiques.

Tao Haidong
Arrêté le 9 juillet 2002
Tao, essayiste sur Internet et défenseur de la démocratie, a été arrêté à Urumqi, la capitale de la région autonome du Xinjiang Uighur et inculpé d’"incitation à renverser le pouvoir d’état." Tao avait déjà été condamné en 1999 à trois ans de "travaux de rééducation" à Xi’an dans la province du Shaanxi, selon le groupe Human Rights in China basé à New York, pour ses essais et sa collaboration à un livre intitulé Xin Renlei Shexiang (Rêves d’une nouvelle race d’homme). Après sa première relaxe en 2001, Tao avait commencé à rédiger des essais et des articles et à les publier sur différents sites Internet nationaux et étrangers. Début janvier 2003, le Tribunal Intermédiaire de Urumqi a condamné le journaliste à sept ans de prison.

Zhang Wei
Arrêtés le 19 juillet 2002
Zhang a été arrêté et accusé d’avoir publié des documents illégaux après avoir réalisé et vendu deux journaux clandestins à Chongqing, en Chine Centrale. Selon un récit publié sur le site Internet de Chongqing Press et de la Publishing Administration, un organe gouvernemental de la province, qui supervise toutes les publications locales, Zhang avait publié les deux journaux, Shishi Zixun (Actualités) et Redian Jiyao (Résumé des points d’actualité importants) contenant des articles et des graphiques téléchargés via Internet. Lors de l’arrestation du journaliste, la police a confisqué 9700 exemplaires du Shishi Zixun. Le 25 décembre 2002, le Tribunal local de Chongqing a condamné Zhang à six ans de prison et à une amende de 100 000 yuans (12 000 US $), le montant qu’il aurait gagné grâce à la vente des publications, selon la police.

Abdulghani Memetemin
Arrêté le 26 juillet 2002
Memetemin, un écrivain, enseignant et traducteur ayant milité activement au sein du groupe ethnique ouïguire dans la région autonome Ouïguire du Xinjiang au nord-ouest du pays, a été arrêté à Kashgar pour "divulgation de secrets d’Etat." En juin 2003, le tribunal populaire intermédiaire de Kashgar l’a condamné à neuf ans de prison, et à la suspension de ses droits politiques pendant trois ans. La cour l’a également accusé d’avoir recruté d’autres reporters pour promouvoir la liberté d’expression et le groupe religieux ETIC, interdit en Chine. Memetemin n’était pas représenté lors de son procès et n’a pas été en contact avec sa femme ou ses enfants depuis son arrestation. La dureté de sa peine reflète la suppression presque totale de la diffusion des informations actuellement dans le Xianjiang.

Chen Shaowen
Arrêté en août 2002
Chen, un écrivain free-lance, a été arrêté car il est soupçonné d’avoir “utilisé Internet pour renverser le pouvoir de l’Etat”, selon un rapport publié en septembre 2002 par l’organe officiel, Hunan Daily. L’article ne mentionne pas la date de son arrestation, même si Boxun News, un site Internet basé à l’étranger, rapporte qu’il a été arrêté le 6 août 2002. Chen, qui vit à Lianyuan dans la province de Hunan, avait écrit de nombreux essais et articles pour divers sites étrangers de langue chinoise, notamment les magazines en ligne Huang Hua Gang et Minzhu Luntan (Forum démocratique). Chen fait toujours l’objet d’une enquête et on ne sait pas clairement s’il fait l’objet d’une inculpation officielle.

Cai Lujun
Arrêté le 21 février 2003
Cai a été arrêté à son domicile de Shijiazhuang, dans la province d’Hebei. En octobre 2003, le Tribunal Populaire Intermédiaire de Shijiazhuang l’a condamné à trois ans de prison pour subversion. Cai, âgé de 35 ans, utilisait des pseudonymes pour écrire divers essais publiés en ligne, appelant à des réformes politiques. Suite à l’arrestation en novembre 2002 de l’essayiste Internet Liu Di, Cai Lujun a commencé à publier ses essais sous son propre nom, appelant à la libération de Liu et exprimant ses opinions politiques. (Liu a été libéré le 28 novembre 2003.)

Luo Changfu
Arrêté le 13 mars 2003
Des agents de la Sûreté ont arrêté Luo à son domicile dans la municipalité de Chongqing et l’ont accusé de “subversion.” Le 6 novembre 2003, le Tribunal Intermédiaire N°1 de Chongqing l’a condamné à trois ans de prison. Avant son arrestation, Luo avait participé activement à une campagne en faveur de la libération de l’essayiste sur Internet Liu Di, qui a été arrêté en novembre 2002 et libéré sous caution un an après. Luo avait écrit une série d’articles appelant à la libération de Liu, et protestant contre la censure des écrits en ligne par le gouvernement chinois. Ses essais appelaient également à des réformes politiques en Chine.

Yan Jun
Arrêté en avril 2003
Yan a disparu à Xi’an dans la province de Shaanxi en avril 2003 et les membres de sa famille ignoraient où il se trouvait jusqu’au 9 mai, date à laquelle des agents de la sûreté leur ont notifié qu’il était inculpé de subversion. Le 8 décembre 2003, le Tribunal Populaire Intermédiaire de Xi’an a condamné Yan à deux ans de prison au cours d’un procès qui a duré 20 minutes, selon sa mère. Yan, qui enseigne la biologie dans un lycée, avait publié sur Internet plusieurs essais appelant aux réformes politiques, à la liberté d’expression et à la liberté de la presse. Yan avait créé un site web où il postait ses écrits. Sa mère a confié aux journalistes qu’il n’avait pas été hospitalisé après avoir été battu en prison.

Luo Yongzhong
Arrêté le 14 juin 2003
Luo, qui a écrit plusieurs articles distribués en ligne, a été interpellé le 14 juin à Changchun dans la province de Jilin. Le 7 juillet, il était officiellement arrêté. Le 14 octobre, le Tribunal Intermédiaire de Changchun l’a condamné à trois ans de prison et à deux ans de privation de ses droits civiques après sa libération, fixée au 13 juin 2006. Dans les minutes du procès, qui ont été largement distribués sur Internet, le tribunal a déclaré qu’entre mai et juin 2003, Luo avait écrit plusieurs essais “attaquant le système social, incitant à renverser le pouvoir de l’Etat, et ayant une influence négative sur la société.” Luo, qui est infirme d’une jambe, a également écrit plusieurs articles pour promouvoir les droits des personnes handicapées.

Huang Jinqiu
Arrêté le 13 septembre 2003
Huang, chroniqueur pour le site dissident Boxun News, basé aux Etats-Unis, a été arrêté dans la province de Changszhou. Il a été condamné le 27 septembre 2004 à 12 ans d’emprisonnement pour "subversion de l’autorité de l‘Etat." Huang avait travaillé comme journaliste et comme rédacteur en chef dans sa province natale de Shandong, ainsi que dans la province de Guangdong avant de quitter la Chine en 2000 pour étudier le journalisme en Malaisie. Durant son séjour à l’étranger, il avait commencé à écrire des commentaires politiques pour Boxun News sous le pseudonyme de "Qing Shuijun." Il avait également écrit sur les arts et les loisirs sous le nom de "Huang Jin." A son retour en Chine en août 2003, il avait réussi à échapper à la surveillance des agents de la sécurité assez longtemps pour rendre visite à sa famille dans la province de Shandong. Dans son dernier article posté sur Boxun News, intitulé "Moi et mes amis de la sécurité publique," Huang décrivait le fait d’être suivi et harcelé par les agents de la sécurité.

Kong Youping
Arrêté le 13 décembre 2003
Kong, poète et essayiste, a été arrêté à Anshan, dans la province de Liaoning. Il avait écrit des articles sur internet soutenant les réformes démocratiques et appelé à l’annulation des décisions “contre-révolutionnaires” du gouvernement sur les manifestations de 1989 à Tiananmen. En 1998, Kong avait purgé une peine de prison après avoir adhéré à la branche de la province de Liaoning du Parti démocratique chinois, un parti d’opposition. Le 16 septembre 2004, le tribunal populaire intermédiaire de Shenyang a condamné le journaliste à 15 ans de prison.

Yu Huafeng
Li Minying
Arrêtés en janvier 2004
Le tribunal du district de Dongshan à Canton, dans la province de Guangdong, a condamné Yu, rédacteur en chef adjoint et directeur général du journal Nanfang Dushi Bao (Les nouvelles de la métropole du Sud) à 12 ans de prison pour corruption. Li, l’ancien directeur du journal, a été condamné à 11 ans d’emprisonnement pour acceptation de pots-de-vin dans la même affaire. Li siégeait également au Comité du parti communiste du Nanfang Daily Group, la société mère du journal. Dans un procès en appel tenu le 7 juin 2004, Li a vu sa peine commuée à six ans de prison et celle de Yu a été ramenée à huit ans d’emprisonnement. Yu est accusé d’avoir détourné 580 000 yuans (70 000 US$) et d’avoir distribué ensuite l’argent aux membres du comité éditorial du journal. Le tribunal l’accuse également d’avoir versé 800 000 yuans (97 000 US$) de pots-de-vin à Li à l’époque où ce dernier était le rédacteur en chef de Nanfang Dushi Bao. Li est accusé d’avoir accepté des pots-de-vin s’élevant à 970 000 yuans (117 000 US$) au total. Nanfang Dushi Bao était devenu très populaire ces dernières années pour son journalisme d’investigation incisif sur les questions sociales et les abus des hauts fonctionnaires locaux.

Liu Shui
Arrêté le 2 mai 2004
La police de Shenzhen a arrêté Liu et un ami pour "sollicitation des services de prostituées." Ils ont été emmenés dans un centre de détention pour être interrogés. Le lendemain, l’ami de Liu a été relâché mais le journaliste a été transféré au centre de détention de Xili à Shenzhen, où il a été condamné à deux ans de "camp de rééducation," une forme de détention administrative prévue pour les personnes accusées de prostitution et pour leurs clients. Selon la loi chinoise, les autorités peuvent condamner des individus à deux ans de "camp de rééducation" sans procès ni inculpation officielle. Avant son arrestation, Liu avait écrit plusieurs essais pour commémorer la répression les manifestations pro-démocratiques de Pékin en 1989, réclamant la libération des prisonniers politiques, et appelant à des réformes politiques. La plupart de ses essais ont été postés sur des sites web de langue chinoise publiés à l’étranger. Liu avait travaillé comme rédacteur en chef et comme reporter pour plusieurs publications, notamment Nanfang Dushi Bao (Les nouvelles de la métropole du Sud) et Shenzhen Wanbao (Les nouvelles du soir de Shenzhen). C’est la quatrième fois qu’il est arrêté.

Zhao Yan
Arrêté le 17 septembre 2004
Zhao, assistant au service des informations du bureau de Pékin du New York Times et ex-reporter du magazine China Reform basé à Pékin, a été arrêté à Shanghai. Son arrestation fait suite à un article publié dans le New York Times révélant le projet de Jiang Zemin de démissionner de son poste de président de la Commission centrale militaire. Le 21 septembre, la famille de Zhao a reçu une note de la part du Bureau de sécurité de l’Etat de Pékin accusant le journaliste d’avoir "fourni des secrets d’Etat à des étrangers". Les procureurs ont issu un mandat d’arrêt officiel contre Zhao le 20 octobre sans spécifier les actions qui auraient conduit à son arrestation. Les associés de Zhao pense que le journaliste fait l’objet d’une investigation car on le soupçonne d’être la source de cette fuite. Le New York Times affirme que Zhao travaillait comme chercheur et non comme reporter, qu’il n’a fourni aucun secret d’Etat au journal et n’a pas contribué à cet article.

Zhang Ruquan
(connu également sous le pseudonyme de Zhang Qianfu)
Arrêté le 15 octobre 2004
Arrêté pour "incitation à la subversion," le pigiste Zhang Ruquan a été accusé de diffamation pour avoir écrit un essai critiquant les dirigeants chinois depuis la mort de Mao Zedong. Zhang Ruquan est mieux connu sous son nom de plume, Zhang Qianfu. Dans un procès tenu à huis clos tenu le 24 décembre 2004, Zhang Ruquan et son associé Zhang Zhengyao ont été accusés d’avoir "mis en danger l’ordre social et les intérêts de l’Etat." Les deux hommes ont été condamnés à trois ans de prison pour diffamation envers l’ex-Président chinois, Jiang Zemin. Ces accusations sont liées à un essai commémoratif écrit par Zhang Ruquan début septembre, intitulé "Mao Zedong sera toujours notre leader", posté en ligne et imprimé sous forme de tracts. Le 9 septembre, pour le 28ème anniversaire de la mort de Mao, Zhang Zhengyao avait distribué ces tracts dans le parc Zijinshan de Zhengzhou et avait été appréhendé par des agents en civil.

Shi Tao
Arrêté le 24 novembre 2004
Shi, un journaliste freelance, a été arrêté par la police du bureau de la sécurité de la province d’Hunan. Dans les jours qui ont suivi son arrestation, les autorités lui ont confisqué son ordinateur et d’autres documents et ont conseillé à sa famille de ne pas ébruiter l’affaire. La famille de Tao a appris officiellement que le journaliste était soupçonnée d’avoir "divulgué des secrets d’Etat", une accusation extrêmement grave qui lui risque la prison à vie ou la peine de mort, et qu’il était détenu dans la ville de Changsha. Les autorités n’ont pas expliqué à la famille de Shi Tao l’origine de ces accusations. Jusqu’à mai 2004, Shi travaillait pour le quotidien Dangdai Shang Bao (Les nouvelles du commerce contemporain), basé à Changsha. Il avait également écrit des essais pour des forums internet étrangers, notamment Minzhu Luntan (Forum pour la démocratie). Le 14 décembre, les autorités ont issu un mandat d’arrêt officiel contre Shi Tao, l’inculpant de "divulgation de secrets d’Etat à des étrangers."

Yang Tianshui
Arrêté le 24 décembre 2004
Les policiers ont arrêté le journaliste internet et activiste pro-démocratique Yang à son domicile de Hangzhou dans la province de Zhejiang, le soir du 24 décembre, et l’ont emmené dans un commissariat de police. Le 26 décembre, les policiers ont appris à sa famille qu’il était maintenu en détention à Nanjing, son lieu de résidence officiel. Le 31 décembre, la sœur du cyberdissident a reçu une notification du bureau de la sécurité publique de Nanjing lui signifiant l’arrestation de Yang, accusé d’”incitation à la subversion". Yang collabore régulièrement à des sites d’information étrangers de langue chinoise. Il a écrit sur les violations des droits de l’homme dans le système carcéral chinois et a publié récemment une série d’articles sur la corruption gouvernementale et le taux élevé de chômage, ainsi que des essais critiquant le Parti communiste chinois. Yang avait déjà emprisonné pendant 10 ans pour "contre-révolution" pour avoir condamné la répression brutale de Tiananmen en 1989. Le 27 mai 2004, Yang avait été incarcéré pendant 15 jours pour avoir enfreint les conditions de sa probation en écrivant des essais commémorant le 15ème anniversaire de l’incident.

Népal (4)

Bhai Kaji Ghimire
Arrêté le 3 décembre 2003
Les agents de la sécurité ont arrêté Ghimire, le directeur général du mensuel Samadristi, alors qu’il se rendait à son travail à moto, d’après le Centre pour les Droits de l’Homme et les Etudes Démocratiques, basé à Katmandou. On ignore où il se trouve. Ghimire était toujours détenu dans un endroit inconnu à la fin de l’année. Il ne fait l’objet d’aucune inculpation officielle.

Maheshwar Pahari
Arrêté le 2 janvier 2004
Pahari, collaborateur de l’hebdomadaire local Rastriya Swabhiman (National Pride), a été arrêté dans le village de Khorako Mukh à l’ouest du Népal. Même si aucun groupe n’a revendiqué la responsabilité de son arrestation, il aurait été appréhendé par des agents de la sécurité, selon des sources locales. Une organisation locale des droits de l’homme rapporte que Pahari a été transféré en prison le 14 mai. Pahari avait déjà été arrêté en novembre 2001 et incarcéré pendant 13 mois car il était soupçonné de soutenir les maoïstes.

Le Rastriya Swabhiman a cessé de paraître en août 2003 depuis la rupture du cessez-le-feu entre le gouvernement et les maoïstes, mais les journalistes continuent de publier le titre en ligne et couvrent fréquemment les violations des droits de l’homme commises par les agents de la sécurité. Pahari maintenait des contacts étroits avec ses sources au sein du mouvement maoïste.

Shakti Kumar Pun
Arrêté le 12 décembre 2004
Pun, correspondant du quotidien de langue népalaise Rajdhani, a été enlevé par des rebelles maoïstes entre le 16 et le 20 novembre dans le district de Rukum, à l’ouest du pays. Pun avait été enlevé avec six autres personnes après l’arrestation de cinq cadres maoïstes dans la région, qui est un fief des rebelles. Le 12 décembre, l’Armée royale népalaise l’avait libéré mais le maintient en détention depuis. Selon un porte-parole de l’armée, Pun devait être libéré après avoir été interrogé, mais il était encore incarcéré à la fin de l’année.

Sita Ram Parajuli
Arrêté le 28 décembre 2004
Libéré le 9 janvier 2005
Parajuli, directeur de publication de Shram, un hebdomadaire basé à Katmandou qui traite des activités des syndicats, a été enlevé à son domicile dans le quartier de New Baneshwor, dans la soirée. Aucun groupe ne revendique son enlèvement, mais sa famille et ses collègues ont déclaré à des journalistes et à des organisations locales des droits de l’homme que des agents en civil s’étaient rendu au domicile du journaliste, lui avaient bandé les yeux et l’avaient emmené à bord d’une voiture. Parajuli a été libéré le 9 janvier 2005 après avoir été interrogé pendant près de deux semaines par les agents de la sécurité sur ses sources maoïstes.

Vietnam (4)

Nguyen Khac Toan
Arrêté le 8 janvier 2002
Toan a été arrêté dans un cybercafé de la capitale, Hanoi. Il avait fait état auprès de groupes pro-démocratiques étrangers, via Internet, de manifestations de paysans en colère. Les autorités l’ont par la suite inculpé d’espionnage. Le 20 décembre 2002, Toan a été condamné à 12 ans de prison. Son procès a duré à peine une journée, et son avocat n’a été autorisé à le rencontrer en tête-à-tête que la veille de l’audience. Il est actuellement détenu à la prison B14, dans le quartier de Thanh Tri District, en dehors de Hanoi.

Pham Hong Son
Arrêté le 27 mars 2002
Son, un médecin, a été arrêté après avoir diffusé un essai intitulé "Qu’est-ce que la démocratie ", traduit de l’anglais en vietnamien, et l’avoir posté sur le web. (Cet article était apparu pour la première fois sur un site Internet du Département d’Etat américain.) Son avait également écrit plusieurs essais en faveur de la démocratie et des droits de l’homme, qui avaient circulé dans le cadre de forums en ligne en langue vietnamienne. Selon des sources internationales, après son arrestation, le gouvernement aurait publié un communiqué disant que ses écrits étaient "anti-gouvernementaux et contre le Parti communiste vietnamien." Le 18 juin 2003, le Tribunal Populaire de Hanoi a condamné Son à 13 ans de prison, plus trois années supplémentaires de détention administrative ou résidence surveillée. Dans un procès en appel le 26 août 2003, la Cour suprême de Hanoi a ramené sa condamnation à cinq ans de prison. Son devra malgré tout rester en résidence surveillée trois ans après sa libération.

Nguyen Vu Binh
Arrêté le 25 septembre 2002
Dans un procès qui a eu lieu le 31 décembre 2003, le Tribunal Populaire de Hanoi a condamné Binh à sept ans de prison pour espionnage, suivies de trois années de placement en résidence surveillée après sa libération. Couvrant les débats, l’Agence de presse vietnamienne officielle a déclaré que Binh avait été condamné pour avoir “écrit et échangé avec divers éléments opportunistes du pays, des informations et des articles donnant une image déformée du parti et la politique de l’Etat.” Il a également été accusé d’avoir communiqué avec des organisations “réactionnaires” à l’étranger. Binh est un ancien journaliste qui a travaillé pendant presque 10 ans au Tap Chi Cong San (Journal du Communisme), une publication officielle du parti communiste vietnamien. En janvier 2001, il avait quitté son poste après avoir sollicité l’autorisation de créer un groupe d’opposition indépendant, le Parti Démocratique Libéral. Depuis, Binh a écrit plusieurs articles appelant à la réforme politique et critiquant la politique du gouvernement actuel.

Nguyen Dan Que
Arrêté le 17 mars 2003
Le 17 mars, Que a été arrêté devant son domicile à Ho Chi Minh. Il est incarcéré au centre de détention Nguyen Van Cu. Le 20 mars, un porte-parole du ministère des Affaires Etrangères a annoncé que “Nguyen Dan Que avait été pris en flagrant délit alors qu’il poursuivait des activités entrant en violation avec la loi vietnamienne”, selon des sources internationales. Le 13 mars, Que a publié une déclaration intitulée “Communiqué sur la liberté d’information au Vietnam”, dans lequel il critique le refus du gouvernement vietnamien d’appliquer des réformes politiques et de supprimer les contrôles sur les médias. Dans sa déclaration, Que a également apporté son soutien à un projet de loi soumis devant le Congrès américain le 27 février 2003, le “Freedom of Information in Vietnam Act of 2003”. Que, un médecin spécialisé dans l’endocrinologie, est un auteur en vue qui a passé au total 18 ans en prison pour son activisme politique, depuis sa première arrestation en 1978. Après son interpellation de 1998, les autorités ont commencé à le surveiller étroitement et à restreindre sa liberté de mouvement. Que n’avait toujours par été inculpé officiellement, ni jugé à la fin de l’année.

 

© 2005 World Association of Newspapers - All Rights Reserved - Contact WAN.
Please send all technical comments regarding this site to our Webmaster